Entraîneur , dur métier ...
Entraîner un club professionnel de football n'est pas une sinécure . Le métier est devenu à risques : professionnels , sociaux , médiatiques .
Il est aussi devenu synonyme de difficultés , de relative précarité , voire d'expatriation obligée. Aujourd'hui, ne sont pas rares les entraîneurs dûment diplômés qui ont le statut de demandeur d'emploi, ou se contentant d'un salaire modeste dans un club également modeste .
Pour ceux qui sont en haut de l'affiche ce n'est pas non plus toujours simple , loin s'en faut . Lorsque cela va mal , et à un certain moment dans une saison cela va forcément mal , ou en tous cas moins bien , quelque part , les dirigeants de club finissent par prendre la mesure qui leur paraît la plus adéquate , celle qui ne leur pose pas de problèmes insurmontables ( sportivement , techniquement , moralement) même s'il leur en coûte financièrement , et qui en même temps leur fait espérer des lendemains meilleurs : le changement d'entraîneur .
Lors du dernier exercice de la Ligue 1 , trois entraîneurs ont été démis de leurs fonctions .Le premier par ordre chronologique C.Makélélé a quitté le S.C.Bastia , puis J.L. Vasseur et A. Casanova ont été remplacés au Stade de Reims et au Toulouse F.C.Pour leur succèder on a choisi la "solution interne", un membre du staff prenant alors la direction de l'équipe première .
Dans ces trois cas, le changement aura été bénéfique puisque les trois clubs concernés ont sauvé l'essentiel , leur place en Ligue 1. L'issue n'est pas toujours si heureuse.
Quel est le parcours sportif des entraîneurs de clubs professionnels ? Quel a été leur passé de joueur , car il est bien entendu qu'on ne "rentre" pas en football à 40 ans ...?
Laurent Blanc , en charge du P.S.G. a été champion du monde . W. Sagnol, responsable technique es Girondins de Bordeaux a été vice-champion du monde .
R. Girard et P. Garande ont été internationaux. J. Gourvennec et A. Kombouaré ont effectué de remarquables carrières de joueur.
L. Jardim et M. Bielsa sont atypiques. Leur courte carrière de joueur a précédé un cursus dans des études sportives elles-mêmes suivies par la conduite d'une formation professionnelle.
H.Renard possède également un parcours atypique sortant de la linéarité joueur de renom- entraîneur.
Les autres techniciens de la Ligue 1 ont tous un parcours de bon joueur , oscillant pour la plupart entre la division 1 et la division 2.
En Ligue 2, on trouve un profil général sensiblement identique quoique plus modeste. Aucun des entraîneurs de la Ligue 2 , hormis B. Casoni licencié en cours de saison, n'a été international "A".
C.V et résultats ...
Voyons les deux extrêmes : L. Blanc le champion du monde et G. Printant le joueur amateur . Le premier serait-il devenu champion et aurait-il gagné deux coupes nationales cette saison avec des éléments moins performants ? Mais aurait-il pu diriger sa pléiade de stars s'il n'avait pas eu un impressionnant palmarès de joueur ?
L'actuel entraîneur du S.C.B aurait-il réussi pareillement ailleurs ? Quelle aurait été son efficacité avec un effectifs de joueurs renommés ?
Ces situations diverses montrent qu'il est vain de vouloir éditer une règle unique .
A. Wenger et J. Mourinho n'ont pas été de grands joueurs, du moins en termes médiatiques. Ils dirigent des clubs prestigieux et puissants.
F. Hantz et F. Antonetti ont été de bons professionnels et figurent parmi les meilleurs techniciens français .Et que dire de G. Roux , joueur de D.H., à l'immense carrière d'entraîneur ?
A l'inverse, de grands clubs sont entraînés par des ex-grands joueurs , tels que C. Ancelotti et B. Guardiola...
En ce début d'année 2022, à la mi-saison footballistique ,l'entraîneur côtoie à nouveau la précarité jamais trop éloignée il est vrai.
En Ligue 1 , trois d'entre eux ont dû céder la place pour des raisons qui ne sont pas toujours celles auxquelles on pense .
A Saint-Etienne ,on s'est séparé de C. Puel , pour un motif des plus traditionnels , la forte menace d'une éventuelle relégation , ce glorieux club étant , pour l'heure, englué à la dernière place .P. Dupraz , autrefois sauveur émérite du Toulouse FC, lui succède
A Troyes , il semblerait qu'on ait voulu prévenir (du moins dans l'esprit des décideurs ) une fin de saison possiblement ardue en mettant fin aux fonctions de L. Battles remplacé illico presto par B.Irles qui monte ainsi à l'étage au-dessus .
Plus surprenante est la rupture du contrat de N. Kovac à l'AS Monaco , sixième du classement . Mais cette estimable position dont beaucoup se satisferaient ne convient visiblement pas au club de la Principauté ,qu'on subodorait se monter plus efficient ,et qui a de plus rayonnantes ambitions. Philippe Clément , entraineur belge titré et prisé ,est le nouveau responsable technique .
La Ligue 2 se montre encore plus agitée avec cinq changements .
A Nancy on est dans une situation des plus classiques : une dernière place inquiétante parce que persistante . A. Cartier a succédé , après un intérim apparemment laborieux de B. Pedretti, à D. Stendel.
M.Chabert , à la tête de deux accessions successives avec le SC Bastia , a connu un début de saison malaisé . Il a donc quitté le Sporting , remplacé par R. Brouard qui s'était notamment illustré en Coupe de France.
M. Jacobazzi a été supplée par V. Hognon. On reproche à l'ex-entraîneur de Grenoble plusieurs défaites consécutives qui ont mis l'équipe en position délicate après un début honorable.
A Nîmes , on a préféré , semble-t-il , un peu comme à Troyes , prendre ses précautions . P. Planque a dû céder sa place à N.Usaï.
Enfin ,à Quevilly-Rouen B. Irles n'a pas été chassé , il a été sollicité par une club de L1. Son successeur est F. Mercadal.
La crainte de la relégation, souvent synonyme de déboires économiques irréversibles, est le moteur du changement , parfois brutal , souvent attendu , quelquefois inévitable . Il y a probablement aussi d'autres raisons , plus internes , plus discrètes plus intéressées aussi . Le foot reste, malgré ses contingences économiques , une aventure humaine et l'entraîneur est toujurs un des centres de cette aventure ...
Entraîneur particulier ...
Les actuelles équipes professionnelles ne sont plus désormais dirigées par un seul et unique entraîneur . A la tête de chaque formation figure un staff , groupe de personnes ayant un rôle bien spécifique avec , à sa tête , "l'entraîneur".
Dans ce staff , un membre a une fonction particulière . Il est l'entraîneur des gardiens. Il s'agit , bien entendu, d'un ancien gardien.
La période agitée ou pas , mais toujours passionnante du mercato, a fourni ces dernières semaines un épisode significative de la spécificité de la fonction évoquée plus haut .
Ainsi , un entraîneur de gardien d'un club huppé de Ligue 1 a-t-il été réintégré dans ces fonctions pour la saison à venir après que le directeur sportif (encore un rôle ) dudit club lui ait signifié la non-reconduction de son contrat .
Il semblerait que le revirement de la direction de club ait une cause bien précise : l'intervention du gardien titulaire du club qui a plaidé ardemment , et efficacement , la cause de "son" entraîneur ...
Cette affaire n'a pas laissé insensibles d'autres membres de cette corporation bien précise .On apprend ainsi qu'un gardien de valeur international recruté par un grand et riche club anglais demande à travailler avec un entraîneur qu'il avait connu dans une équipe précédente.
Il semblerait donc que des relations privilégiées et même une réelle complicité s'instaurent entre l'apprenant et l'élève .Cette relation de confiance est mise en exergue par les intéressés. Et le cas cité au début de ce propos est loin d'être unique et isolé. De plus , il semblerait que cette situation soit indifférente au standing des clubs , les clubs les plus puissants n'étant pas exclus du processus , loin s'en faut .
Enfin , "relations privilégiée" , "réelle complicité" , "confiance réciproque", "relations fortes" etc ... Un peu d'humanité dans le foot moderne???

Disposition sur le terrain, travail tactique de l'entraîneur.

Echauffement d'avant-match, rôle du staff.