"Sans prêtre , on ne peut pas dire la messe" dit le proverbe corse . Et sans argent , (presque) plus de football dit la réalité quotidienne .
Les rétrogradations , douloureuses pour les supporters sincères et passionnés, du SC BASTIA ont désormais conduit ce glorieux club à repartir sous la forme initiale de l'association dans un championnat dit National 3 et englobant , en réalité, les régions de PACA et de Corse . L'ex-club professionnel , redevenu "amateur" (les guillemets ne sont pas ici un hasard) affronte dorénavant des adversaires à priori bien plus modestes quoique ...
Cette situation aura fourni l'occasion d'observer , voire de découvrir , un univers subodoré fort différent du monde professionnel, différent certes dans l'ampleur des moyens financiers mis en oeuvre , mais pas si éloigné dans certains aspects . Il apparaît , en effet , que le foot amateur intégral, celui du joueur à qui le football a facilité la recherche d'un emploi et qui s'entend avec son employeur pour optimiser son emploi du temps , n'existe désormais plus à ce niveau . On peut même subodorer que nombre de club de R1 se sont désormais "professionnalisés" en faisant appel , notamment , à des joueurs ayant un -petit- passé professionnel ou/et ayant fréquenté peu ou prou les centres de formation.
Des observateurs évoquent , pour ce niveau , une "semi-professionnalisation".
Les exemples ne manquent pas de clubs amateurs à qui on accole désormais facilement le qualificatif "ambitieux" . Et on sait que cette légitime aspiration sportive (quel est le sportif qui n'ambitionne pas de gagner collectivement ou individuellement ?) va de pair avec une mise en œuvre de moyens adéquats et conséquents.
Lors d'un 1/16° de finale de Coupe de France , il a été observé l'implication digne d'une équipe professionnelle d'un club de R1 de la région parisienne :
Arrivée 48 heures avant la rencontre et installation dans un hôtel récent et moderne.
A l'heure du match, préparation similaire à celle d'un club professionnel : équipements individuels identiques , présence d'un préparateur physique , entraînement spécifique des gardiens etc...
Alors , bien entendu , tous les clubs amateurs de France et de Navarre ne vivent pas ainsi .Il subsiste, notamment dans les catégories inférieures des grosses ligues , de vraies structures amateures le plus souvent tenues à bout de bras par des bénévoles.
Mais l'évolution est notable ce qui fait dire à nombre d'observateurs que l'on assiste bien désormais à cette "semi-professionnalisation" évoquée plus haut jusque dans les compétitions régionales ...
Depuis l'été 2021, le SC Bastia a réintégré les championnats professionnels. Il évolue désormais en Ligue 2.
Mais ,pour lui comme pour beaucoup d'autres clubs , le proverbe énoncé au début est plus que jamais actuel...