Il y a aujourd'hui 1.361 joueurs professionnels dans les trois premières divisions du football français (L1, L2 et N)  soit une moyenne théorique de  31 par club. Ils étaient 1 358 lors de la saison 2019-2020.

Il y a une centaine de joueurs au chômage , chiffre également stable.

20 % des effectifs arrivent en fin de contrat en fin de saison mais cette situation n'a pas entraîné de baisse des effectifs malgré une situation générale bien plus précaire . Si des clubs ont ,en effet , comprimé leurs effectifs , d'autres bien plus argentés les ont étoffés, à l'instar du PSG , par exemple .

Ces chiffres sont , en quelque sorte , trompeurs , car tous ces joueurs ne bénéficient  pas , loin s'en faut , d'un temps de jeu (nouvel élément de langage   de la terminologie du foot) égal et conséquent.

On utilise principalement environ  16 joueurs . Au-delà de 26 équipiers on ne joue pratiquement jamais en équipe première malgré la règle des 5 remplacements.

Réduire le nombre de joueurs professionnels serait un des objectifs des instances domestiques   , idée partagée par le syndicat des joueurs évoluant en France  qui ne souhaite pas avoir des joueurs qui ne jouent pas ...

Il est tout à fait louable de se préoccuper d'un point de vue humain du sort d'un certain nombre de jeunes gens soucieux de faire ce métier et d'y briller et qui  par une situation de concurrence acerbe se verraient ainsi rejetés et, de facto , privés    de leur rêve .

Le microcosme a désormais pour objectif  des effectifs d'un maximum de vingt-quatre unités avec , si besoin , la possibilité de faire appel à des "jeunes" , probablement les meilleurs éléments du centre de formation .

Johan Cruyff , alors entraîneur du FC Barcelone, préconisait un contingent réduit à dix-huit éléments en se réservant la possibilité de faire appel, le cas échéant , à des jeunes du centre de formation particulièrement efficient en l'occurrence .

S'interroger sur la lourdeur , sans doute incontestable , des effectifs doit aussi s'accompagner d'une autre problématique : la multiplication des compétitions . 

On  joue au football de plus en plus souvent .  Y joue-t-on trop ?

On se bornera, faute d'éléments techniques  et statistiques fiables , à constater que l'on joue ...beaucoup !

Les équipes jouent beaucoup et les joueurs jouent beaucoup ...encore plus que les équipes.

Car on a en quelque sorte "multiplié" les équipes avec la multiplication des rencontres internationales . De plus en plus de joueurs sont constamment concernés. Beaucoup d'entre eux  ont désormais le statut "international". Ils évoluent normalement dans le club qui les emploie et bien  souvent (pas tous bien entendu mais un nombre de plus en plus  étendu d'entre eux ) dans des formations nationales de modeste niveau certes  mais bien présentes . Ainsi , bon nombre d'entre eux  doivent être dorénavant à la disposition de deux structures : le club employeur et la sélection qui les appelle. 

On pourra remarquer que les deux pôles  n'officient  pas en même temps  (quoique ...). Mais les footballeurs sont constamment sollicités et finalement leurs moments de nécessaire récupération ont tendance à se raréfier , et en tous cas , à s'amenuiser .

C'est probablement une des raisons (le respectable  bonus financier dispensé à la formation en est une autre) qui poussent les clubs à étoffer quantitativement leurs effectifs (pour prévenir les blessures et les fatigues dues souvent à de très longs déplacements , c'est un argument que l'on peut entendre et comprendre )  et que cet afflux à priori réconfortant peut être  antinomique d'un projet qualitatif plus exigeant . 

Trop de footballeurs tuent-ils le football  ou ,du moins , une vision du football professionnel qui verrait ainsi s'estomper son caractère d'élitisme vertueux ?

Le caractère désormais quasiment industrieux de la chose nuit-il à son indispensable qualité ? Le spectateur , en tous cas celui qui fait la louable démarche de se rendre autour d'un terrain, souhaite voir triompher "ses" couleurs. 

Il veut aussi assister à un spectacle qui lui fournira , ne fut-ce que lors de fugaces et rares instants , cette petite part d'émotion et de rêve qu'il est venu chercher en ce lieu .../...