A bâtons rompus...
C'est le titre idoine pour évoquer la situation que connait le football français , et plus particulièrement la Ligue1 , depuis le début de la présente saison.
La violence , qui a toujours existé sur et autour des terrains de foot mais qui était tout de même chose exceptionnelle , a changé de nature . Elle est devenue fréquente , répétée , voire en train de se complaire et de se vautrer dans un amas de mauvaise et médiocre habitude .
Nous en sommes quasiment au point où les incidents , souvent sérieux , ne surprennent plus l'observateur presque résigné .
Nous savons tous , supporters et passionnés , que le foot peut parfois rendre très excessifs les plus calmes et les plus posés d'entre nous .Un match de foot c'est de l'émotion et l'émotion peut être incompatible avec la réflexion policée ...
Mais là , il semble bien que nous soyons en train de dépasser les stades ,au demeurant excusables, de l'exagération , et de l'outrance .
On outrepasse le palier de l'éréthisme, verbal et souvent très imagé, pour se livrer à de véritables agressions envers les joueurs ,d'une part, et envers les supporters adverses ,d'autre part , ce second point pouvant faire craindre des conséquences dramatiques.
Esprit de clocher , sentiments identitaires , esprit grégaire, quasi-certitude d'impunités, manipulations, préméditation sont les compagnons et les supports de ces situations à la fois grotesques et dangereuses .
Au sein de ce pénible palmarès , on rencontre le plus souvent les mêmes : clubs issus des grandes agglomérations , rivaux entre eux mais parfois presque complices dans les dénégations , ayant des ambitions à la fois justifiées et démesurées , conduits par des dirigeants connus , notables locaux, introduits dans les instances et ayant accès aux media . Il s'agit aussi de clubs riches .
Leurs supporters n'ont pas le monopole de la violence d'autres, suivant les clubs plus modestes ,ne sont pas exempts de reproches.
Mais et quelque soit le club il y a une constante : les attitudes ambigües de leurs présidents respectifs devant ces agissements.
On a vu à la fin de l'été le président d'un club désormais ambitieux du sud-est de la France prendre ouvertement et presque grotesquement le parti de "ses" supporters qui avaient tout bonnement envahi le terrain...
On a vu et entendu et lu un président omniprésent réfuter toute responsabilité collective puis , quelques jours plus tard , lors d'un dernier méfait de "ses" supporters , nouvellement poussés par un vent mauvais , tenter avec la maladresse d'un écolier, d'incriminer les "autres" substance indéterminée mais fort commode en maints embarras.../...